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La publicité en période électorale

La publicité en période électorale constitue un enjeu central du scrutin municipal. Son usage est strictement encadré afin de garantir l’égalité entre les candidats et de prévenir toute influence indue sur les électeurs. À la différence des formes traditionnelles de communication politique, telles que les réunions publiques ou la distribution de tracts, la publicité électorale repose sur des supports financés et diffusés à grande échelle, notamment par voie d’affichage, de presse ou de médias numériques. Dès lors, elle se heurte à des restrictions rigoureuses qui limitent sa portée et son usage par les candidats. En vue des prochaines municipales, découvrez ce que le droit impose pour chaque élection.

La publicité en période électorale

Les principes fondamentaux de l’encadrement publicitaire

Le droit électoral français repose sur un principe d’égalité entre les candidats, valable pour toutes les élections. Celui-ci implique une stricte régulation de l’accès aux moyens de communication. En matière de publicité, cette égalité se traduit par des interdictions visant à éviter que des ressources financières disproportionnées ne confèrent un avantage indu à certains candidats.

L’article L.52-1 du Code électoral pose une interdiction générale de toute publicité commerciale à des fins électorales. Et ce, dès le début de la campagne officielle. Cette règle empêche par exemple un candidat de recourir à des annonces payantes dans la presse. Ou bien à des encarts publicitaires sur Internet, ou encore à des spots radiophoniques et télévisés. L’objectif est d’éviter une personnalisation excessive du débat politique par des campagnes promotionnelles. Celles-ci seraient en effet susceptibles d’influencer démesurément l’opinion publique.

De surcroît, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) exerce une forme de contrôle sur la publicité en période électorale. Ainsi, elle veille à ce que les dépenses publicitaires ne soient pas dissimulées sous d’autres formes. Elle est notamment attentive aux usages d’événements sponsorisés ou d’influenceurs rémunérés. Toute infraction à ces règles peut entraîner l’invalidation des comptes de campagne. Et même, dans certains cas, de l’inéligibilité du candidat concerné.

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Les interdictions spécifiques en matière de publicité électorale

Au-delà de l’interdiction générale de la publicité commerciale, le Code électoral encadre strictement certaines formes de communication pouvant influencer l’issue du scrutin. L’une des principales restrictions concerne la communication institutionnelle des collectivités territoriales lors d’une élection.

L’article L.52-1 interdit aux collectivités locales de financer des actions de promotion de leurs réalisations ou de leurs élus dans les six mois précédant le scrutin. Cette mesure vise à empêcher l’utilisation des moyens publics à des fins électorales. Ainsi, une commune ne peut orienter une campagne en vantant ses projets récents. Par exemple en publiant des bulletins municipaux mettant en avant le maire-candidat. La jurisprudence du Conseil d’État sanctionne régulièrement les abus en la matière. Il considère alors que toute campagne institutionnelle, même indirectement favorable à un candidat, constitue une manœuvre électorale. Le maire sortant et candidat dans sa commune doit donc être particulièrement vigilant sur le contenu des publications de sa collectivité au moment des élections municipales.

Par ailleurs, la publicité par affichage fait l’objet d’un contrôle spécifique. Si l’affichage électoral est autorisé sur les panneaux dédiés dans le cadre de la propagande officielle, toute publicité commerciale vantant les mérites d’un candidat reste prohibée. Cette interdiction s’étend aux supports numériques, incluant les annonces sponsorisées sur les réseaux sociaux. La distinction entre communication politique et publicité électorale devient alors cruciale. C’est d’ailleurs notamment le cas pour les plateformes en ligne. Celles-ci doivent veiller, entre autres, à ne pas favoriser certains candidats au détriment d’autres.

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Les défis contemporains posés par la publicité électorale numérique

L’émergence des nouvelles technologies a profondément bouleversé le paysage de la publicité électorale et de la propagande. Alors que les campagnes traditionnelles s’appuyaient sur des supports physiques et audiovisuels, le numérique offre désormais des moyens de diffusion instantanés et ciblés. Or, la réglementation actuelle peine à encadrer ces nouvelles pratiques, créant des zones grises juridiques exploitables par certains candidats.

De plus, les réseaux sociaux permettent une publicité électorale d’un genre nouveau. Elle pratique un microciblage par l’analyse des comportements des électeurs. Si la loi interdit la publicité payante à des fins électorales, les candidats peuvent contourner cette règle. Par exemple en recourant à des influenceurs ou en boostant certains contenus de manière indirecte. Cette situation soulève des interrogations quant à l’équité du scrutin et à la transparence du financement politique.

L’Union européenne tente d’apporter des réponses à ces enjeux à travers des réglementations renforcées. Elles se traduisent en particulier par le Règlement sur la transparence et le ciblage de la publicité politique, adopté en 2023. Ce texte vise à accroître les obligations de transparence des plateformes numériques et à limiter le recours à des techniques de persuasion algorithmique. Toutefois, l’application effective de ces règles demeure complexe et dépend largement de la coopération des acteurs du numérique.

Ainsi, la publicité en période électorale reste un sujet de vigilance accrue pour les autorités de contrôle. Entre respect des principes d’égalité et adaptation aux nouvelles pratiques numériques, le juge devra faire évoluer le droit pour répondre aux défis posés par les mutations du paysage médiatique et politique.