Le parrainage aux élections présidentielles

Les échéances politiques s’enchaînent. La présidentielle des 18 avril et 2 mai 2027 approche. Pour de nombreux maires, et en particulier ceux élus pour la première fois, va se poser la question du parrainage. Tous seront fortement sollicités par les équipes des candidats pour accorder leur signature à leur protégé. Ce choix, strictement personnel, est devenu un véritable enjeu politique, y compris pour l’opposition locale.

Le parrainage aux élections présidentielles

Le parrainage aux élections présidentielles

Tout le monde ne peut pas se présenter aux élections présidentielles. En effet, il faut avoir recueilli un certain nombre de parrainages avant de candidater. Ce système, qui a été créé en France en 1958, permet aux élus de présenter au Conseil Constitutionnel les candidats à la présidentielle. Depuis 1976, il faut que le candidat ait obtenu 500 signatures pour pouvoir se présenter. Quelques règles supplémentaires s’appliquent.

Seuls certains élus ont le droit de parrainer un candidat : les députés et sénateurs, les membres des conseils régionaux, départementaux, des Assemblées territoriales (Corse, Guyane, Martinique…). Les maires, ainsi que les présidents d’EPCI, ont également ce droit de parrainage. Ce sont d’ailleurs les signataires les plus connus car ils sont, de loin, les plus nombreux. Les membres de certaines assemblées territoriales (Corde, Guyane, Martinique, Polynésie…) et des métropoles de Paris et Lyon peuvent eux aussi apporter leur parrainage.

D’autre part, il faut que les élus qui soutiennent un même candidat soient répartis sur au moins trente départements ou collectivités d’outre-mer. Parmi eux, seul un dixième, donc 50, peuvent appartenir au même département. Ces contraintes garantissent la représentativité des électeurs et la diversité des territoires.

Le droit, pour un maire, de parrainage n’est pas transmissible : un adjoint au maire, par exemple, ne peut recevoir de délégation de signature pour un tel acte. 

Découvrez nos formations en ligne gratuites 🚀

L’équipe Politicae vous propose des formations en ligne gratuites pour vous aider à préparer votre campagne électorale.

Modalités pratiques et encadrement juridique du parrainage

Concrètement, le parrainage passe par la signature d’un formulaire spécial, sur laquelle le maire ou l’élu ne peut revenir. Son choix est donc définitif, et ne peut servir à se présenter soi-même. Pour cela, le Conseil Constitutionnel fait adresser nominativement par les préfectures à tous les élus habilités un formulaire spécial, non téléchargeable en ligne.

Les parrains doivent envoyer au Conseil Constitutionnel l’original de ce document par voie postale, dans une enveloppe fournie à cet effet. Il est impossible, pour le moment, de le transmettre en main propre, via un tiers ou par courriel. En effet, la transmission par voie électronique sécurisée devrait être rendue possible dans les prochains mois. Le décret de convocation des électeurs, qui déclenche l’envoi de ces formulaires par les préfectures, sera publié au plus tard le 7 février 2027. Enfin, la période des parrainages se termine le sixième vendredi avant le premier tour, soit le vendredi 12 mars 2027 à 18h, date à laquelle le Conseil constitutionnel doit avoir reçu le formulaire.

Au fur et à mesure de la réception des documents, le Conseil vérifie la validité des formulaires et publie deux fois par semaine l’évolution du nombre de parrainages obtenus, en général chaque mardi et vendredi, ainsi que le nom de la qualité de chaque parrain et le candidat qu’il parraine, dans une volonté de transparence effective depuis 2016. Cela signifie qu’au cours du mois de février, il est possible de savoir combien de parrains a obtenu un candidat à la présidentielle.

Téléchargez nos livres blancs

L’équipe Politicae vous propose des livres blancs à télécharger gratuitement sur notre site internet. Télécharger le vôtre dès maintenant !

Le parrainage aux élections présidentielles, un enjeu pour les municipales

On voit donc que la perspective du parrainage en vue des élections présidentielles représente un enjeu de taille pour les maires et les élus de majorité et d’opposition. Les partis politiques cherchent à créer un véritable réseau de soutiens potentiels, étendu sur tout le territoire métropolitain comme ultramarin. C’est pour cela que de nombreux candidats à des élections partielles peuvent obtenir l’investiture d’un parti pour encourager leur candidature : ce soutien est conditionné par l’obligation tacite d’accorder son parrainage au candidat issu de ce groupe.

Ce choix, ou non, de parrainer un candidat à la présidentielle est très scruté par les élus : cela peut devenir un véritable argument de campagne, en dénonçant le choix d’un maire comme la preuve d’une appartenance politique cachée, ce qui peut lourdement peser sur la suite de son mandat ou de futures élections. C’est pourquoi de nombreuses pressions sont exercées sur les maires. En 2017, 14 000 élus sur 42 000 avaient effectivement accordé leur parrainage. Beaucoup n’ont pas souhaité prendre un engagement politique, d’autres ont craint des représailles notamment en matière de subventions ou ont eu à affronter des divisions dans leur propre majorité sur ce sujet.

C’est pourtant un enjeu et une responsabilité que le maire doit pouvoir assumer librement : il en va de la crédibilité de notre démocratie.