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Créer une ferme urbaine municipale

La création d’une ferme urbaine constitue aujourd’hui un levier concret pour la ville. Elle renforce la souveraineté alimentaire locale et accompagne la transition écologique. En produisant localement des cultures maraîchères, la commune réduit les distances de transport, sécurise une partie de l’approvisionnement de ses cantines et valorise des fonciers vacants ou des friches urbaines. Ce type de projet dépasse la seule production agricole. Il permet de développer des actions pédagogiques, de créer des emplois locaux et d’améliorer le cadre de vie. Le maire et le conseil municipal jouent un rôle central dans l’impulsion politique, la structuration juridique et financière de ce projet de long terme.

Créer une ferme urbaine

Définir le projet et organiser la gouvernance de la ferme urbaine

La mise en place d’une ferme urbaine débute par une étude de faisabilité approfondie, pilotée par la commune sous l’autorité du maire. Cette étape permet d’évaluer la pertinence du projet au regard des contraintes techniques, agronomiques, foncières et économiques. Il convient notamment d’examiner les caractéristiques du site: qualité et éventuelle pollution du sol, exposition au soleil, accès à l’eau, compatibilité avec le plan local d’urbanisme. Parallèlement, une étude des besoins identifie les volumes de production attendus, les types de cultures envisageables et les débouchés possibles. Ces derniers peuvent être la restauration collective, la vente directe ou des paniers pour les habitants.

Sur la base de ces éléments, le conseil municipal choisit le mode de gouvernance adéquat. La ferme peut être exploitée directement par la commune en régie. Autrement, le maire peut la confier à une association locale, une coopérative ou signer un partenariat public-privé. Ce choix détermine les responsabilités en matière de production, de commercialisation, d’animation pédagogique et de gestion quotidienne. Le rôle du maire consiste à garantir la cohérence entre les objectifs politiques, les moyens mobilisés et les capacités réelles des acteurs.

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Concevoir les équipements et structurer le financement

Puis la commune engage la phase opérationnelle, en commençant par définir les infrastructures nécessaires (serres, culture en pleine terre ou hors sol, irrigation…). Lorsque le projet s’implante sur une toiture ou une structure existante, une attention particulière doit être portée aux contraintes techniques. Quant au coût d’une serre, il peut être environ trois fois supérieur à celui d’une serre au sol, ce qui influence fortement les arbitrages financiers.

Le maire et les services municipaux construisent ensuite le budget global du projet. Celui-ci prévoit d’une part l’investissement initial, incluant l’aménagement du terrain, le matériel, les semences et la main-d’œuvre. Il anticipe d’autre part les dépenses de fonctionnement liées aux salaires, à l’entretien, à l’eau et à l’énergie. Selon la surface exploitée et le niveau de technicité, les coûts peuvent varier de quelques dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros. La recherche de subventions constitue un levier essentiel. En effet, les régions, l’État et les agences nationales proposent des appels à projets dédiés à l’agriculture urbaine. Citons par exemple les dispositifs soutenant les études de faisabilité ou les programmes de type « Quartiers Fertiles ». Le conseil municipal valide les engagements financiers et autorise le dépôt des dossiers de financement.

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Déployer, suivre et inscrire la ferme urbaine dans la vie locale

Enfin, la réussite d’une ferme urbaine repose sur une mise en œuvre progressive. La commune peut choisir de démarrer par une phase pilote sur une surface limitée afin de tester les cultures, les modes de distribution et l’organisation du travail. Cette approche permet d’ajuster le modèle économique avant une éventuelle montée en puissance. Le maire veille à ce que des indicateurs de suivi soient définis dès le départ. On évalue ainsi progressivement les volumes produits, les coûts, l’impact environnemental et économique.

La ferme urbaine doit également être pleinement intégrée à la vie communale. Des ateliers pédagogiques, l’accueil des écoles, des actions de sensibilisation ou des dispositifs d’insertion renforcent son utilité sociale et éducative. La communication municipale joue ici un rôle clé pour expliquer les objectifs, rendre compte des résultats et maintenir la transparence sur les coûts et bénéfices du projet. Enfin, le conseil municipal est régulièrement informé de l’avancement. Il peut alors ajuster les orientations afin de garantir la pérennité de la ferme urbaine. En s’inscrivant dans la durée, ce type d’initiative devient un marqueur fort de l’engagement communal. Il prouve l’investissement du maire en faveur d’un développement local durable et solidaire.