En plus des réseaux sociaux, le site internet de campagne fait partie de la stratégie de communication des candidats. S’il n’est pas indispensable, il permet aux listes d’être présentes sur internet et de rendre leur projet facilement accessible. Avoir une plateforme en ligne présente de nombreux avantages, mais reste une pratique encadrée par le droit électoral. Voici comment construire votre site internet et l’utiliser en toute légalité.
Le site internet, un atout à évaluer pour la campagne
Avoir un site internet de campagne est une stratégie de communication électorale. Cet outil n’est pas obligatoire. En effet, c’est à chaque candidat de déterminer l’utilité du site internet pour son élection. Pour avoir une idée de la pertinence et de l’impact réel du site, il peut prendre en compte la taille de la commune, le nombre d’électeurs et leur répartition sur le territoire.
Il est utile d’anticiper le fonctionnement de cette plateforme en ligne. En termes de budget, le coût est variable selon la complexité des fonctionnalités et la personnalisation du site. Il faut donc bien intégrer ces futures dépenses lors du calcul du budget de la campagne. En outre, le candidat et son responsable de la communication doivent prévoir des objectifs précis à atteindre grâce au site, et des moyens d’évaluation.
Par ailleurs, il importe de bien définir la place du site dans la communication de la campagne. Dans les petites communes, le site peut se substituer à la permanence électorale, dont les locaux sont coûteux. Dans tous les cas, il ne dispense pas les candidats et colistiers de se rendre au contact des habitants et de mener une campagne de terrain.
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Le contenu du site internet de campagne: une vitrine pour la liste
La création d’un site internet nécessite une réflexion sur le fond et sur la forme. Souvent, les plateformes en vue des élections municipales affichent les éléments suivants:
- La présentation du candidat tête de liste et des colistiers.
- Le programme. Les propositions sont regroupées en grandes thématiques, telles que la sécurité, l’urbanisme, les transports, la santé…
De manière facultative, on peut ajouter une page dédiée aux actualités et à l’agenda de la liste, une autre à la presse.
Intégrer une plateforme de collecte de dons est un bon moyen de recevoir des financements des sympathisants. Cela permet de récolter facilement les fonds, et garantit aux électeurs la sécurité et la traçabilité de leur don.
Vitrine de la liste, le site internet doit refléter le dynamisme du projet, montrer l’ambition de la liste pour la commune et sa proximité avec les habitants. Soigner la forme et l’aspect visuel de la plateforme est essentiel. Cela passe notamment par le choix des couleurs et de la police d’écriture, la présence de nombreuses images (photographie de la liste, images prises lors de réunions publiques ou de porte-à-porte…). La qualité du référencement du site et de la communication permettent également d’élargir l’audience et de toucher un public plus nombreux.
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La réglementation des élections municipales applicable au site internet de campagne
En période électorale, la législation s’applique aussi aux sites internet. En effet, selon l’article L.52-1 du Code électoral, tout procédé de publicité commerciale est interdit. L’apparition sur la plateforme d’un bandeau publicitaire, de liens commerciaux, ou de référencement commercial par achat de mots-clés est prohibée. De la même manière, le candidat et ses colistiers n’ont pas le droit de publier sur leur site un élément de propagande à un moment trop tardif de la campagne, de telle sorte que les opposants n’aient pas le temps de répondre. Le site internet ne doit donc pas être modifié à partir du vendredi avant le scrutin et durant la période de silence électoral.
De plus, les plateformes en ligne permettent souvent de collecter des données personnelles, via des formulaires ou les données de navigation. Le respect des normes RGPD s’impose donc, comme la non diffusion des informations personnelles.
Pour finir, l’intégration des dépenses liées au site dans le compte de campagne s’impose aux candidats dans les communes de plus de 9.000 habitants. Le mandataire financier doit ainsi faire figurer les frais de conception, de maintenance et d’hébergement du site. L’achat du nom de domaine, les frais des prestataires, en font également partie. Le mandataire financier est d’ailleurs le seul à pouvoir régler ces dépenses, sauf dans les petites communes où les candidats gèrent eux-mêmes les opérations financières de la campagne.
Ainsi, avoir un site internet de campagne est un outil au service des élections municipales. À l’heure du numérique et de l’information en direct, il offre une vitrine essentielle aux candidats.