Le Salon de l’Agriculture est une bonne occasion de mettre en valeur le travail des producteurs dans toutes les filières et dans toutes les régions de France. Que ce soit dans la culture maraîchère ou céréalière, l’élevage, l’aquaculture, les acteurs sont nombreux et dialoguent sans cesse avec les élus. Si la loi impose de plus en plus de contraintes et détermine les politiques agricoles à l’échelle nationale, les maires ont tout de même une carte à jouer. Comment le maire peut-il aider les agriculteurs? Élus dans une commune rurale ou non, vous avez un rôle déterminant auprès d’eux. Voici comment.
Le maire porte-parole des agriculteurs
Premièrement, on peut s’intéresser à la proportion d’agriculteurs parmi les élus. Aujourd’hui, ils ne représentent plus que 11% des maires, contre 50% en 1950. Pourtant, 70% des collectivités sont des communes rurales, directement concernées par les enjeux de l’agriculture et de l’élevage. Il faut savoir que tous les maires peuvent conserver une activité professionnelle en plus de leur mandat. Tout d’abord parce qu’un maire ne reçoit pas de salaire à proprement parler pour l’exercice de sa fonction. Ensuite parce que les indemnités qu’ils perçoivent sont relativement peu élevées. Et ce, en particulier pour les petites communes, l’indemnité étant proportionnelle au nombre d’habitants. Pour les maires agriculteurs, l’enjeu est de taille car il faut concilier la gestion de l’exploitation et la conduite des affaires de la commune. Ce sont pourtant eux qui sont les plus à même de porter la voix des agriculteurs et de défendre les intérêts de leur territoire.
Quel que soit le type de commune, les maires sont les porte-paroles des exploitants. Ils peuvent en effet relayer leurs demandes auprès de l’intercommunalité ou des assemblées des autres collectivités locales. La connaissance des enjeux locaux et des préoccupations des exploitants est indispensable pour bien comprendre les attentes des administrés. Ainsi, le maire peut défendre les agriculteurs de sa commune lors de la définition du schéma de cohérence territoriale (SCOT) ou du schéma régional de répartition du territoire (SRADDET).
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Le maire, interlocuteur des agriculteurs
Le maire apparaît comme le premier interlocuteur des exploitants. En effet, ceux-ci peuvent lui demander d’ordonner une battue administrative en cas de prolifération d’animaux nuisibles détruisant les cultures ou les cheptels. C’est aussi vers le maire que les éleveurs doivent se tourner en priorité en cas de début d’épizootie. Doté de pouvoirs de police administrative, l’élu pourra prendre les mesures nécessaires pour mettre à l’abri le bétail et protéger les populations.
En outre, les agriculteurs peuvent contacter le maire pour convenir avec lui de l’adaptation de certaines mesures. Notamment celles qui concernent l’environnement, l’application de la PAC, ou l’utilisation de certains produits et pesticides. Les élus et les agriculteurs doivent également dialoguer si la commune veut mettre en place des infrastructures particulières. On pense notamment aux énergies renouvelables ou à la gestion des eaux. Dans une autre perspective, certaines collectivités (conseil régional, EPCI…) accordent des aides aux agriculteurs qui s’installent ou veulent obtenir une certification bio par exemple.
De plus, le maire joue un rôle important dans la gestion du foncier. Si la commune possède des terrains à vocation agricole, elle peut les mettre à disposition des agriculteurs au moyen d’un bail à ferme (ou bail rural). Pour éviter tout conflit d’intérêt, si un maire est lui-même agriculteur, il ne peut conclure de bail rural durant son mandat, et a fortiori, à son avantage. En revanche, les élus qui n’exercent aucun contrôle sur la gestion des terrains agricoles peuvent conclure de tels baux. S’ils ont un intérêt dans un contrat, ils doivent toutefois se retirer lors de la délibération et du vote.
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Aider les agriculteurs et valoriser le territoire
Pour défendre les intérêts agricoles locaux, le maire et son conseil disposent de moyens variés et à différentes échelles. Premièrement, le maire peut mettre en place des partenariats avec les différents acteurs de l’agriculture, comme des associations de chasse ou de pêche. Il a également intérêt à solliciter les associations locales de promotion de la biodiversité, afin d’encourager les bonnes pratiques et mettre en valeur le patrimoine naturel communal.
En outre, d’autres idées peuvent être mises en place, au service de la promotion de l’agriculture locale. Relocaliser la production et la consommation de fruits et légumes locaux via un Projet Alimentaire Territorial est un premier moyen d’aider les producteurs. Ce projet requiert cependant de diversifier les établissements à approvisionner, car les cantines scolaires ne fonctionnent pas durant les vacances, ce qui est un inconvénient pour les fournisseurs locaux. Développer un marché des producteurs dans sa commune est aussi un bon moyen à la fois d’aider les producteurs à vendre leurs produits et d’encourager le tourisme local.
Ainsi, en prenant en compte les besoins agricoles dans son PLU, en consacrant des terrains municipaux à la culture ou à l’élevage, la commune agit concrètement en faveur de chaque agriculteur.