À trois mois des élections, le maire sortant a-t-il le droit de prendre la parole devant ses administrés? Si les élus ont l’habitude de se prêter chaque année à l’exercice, ils devront cette fois-ci se plier à des règles particulières. Que ce soit dans le fond ou dans la forme, la campagne leur impose d’adapter leur discours au calendrier politique et électoral. Dans cet article, voyons comment se déroulent les vœux du maire en période électorale, les pièges à éviter et quelques pistes pour une cérémonie des vœux réussie.
La tradition des vœux du maire
Dans chaque commune, la cérémonie des vœux du maire est une tradition à la fois politique et conviviale. Politique, car elle montre l’investissement des élus pour leur commune, souligne leurs réalisations et dévoile les axes stratégiques de l’année à venir. Conviviale, car elle rassemble le conseil municipal et les administrés à la mairie, éventuellement autour d’un buffet ou d’un verre. Elle renforce ainsi le lien entre les élus et la population, la cohésion sociale et les bons rapports entre les acteurs locaux.
En effet, à cette occasion, le maire remercie les agents, les élus municipaux, éventuellement les membres de son cabinet. Ce moment peut être organisé de manière distincte, afin de séparer les vœux du maire aux agents d’une part et aux habitants d’autre part.
En outre, souhaiter une bonne année au personnel et aux habitants est un moyen de revenir sur les réalisations de l’année, de faire le point sur les travaux en cours et d’annoncer les futures priorités. C’est notamment pour cela que l’exercice des vœux du maire en période électorale peut devenir un jeu d’équilibriste.
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Points de vigilance en période électorale
En préparant son discours, le maire doit garder en tête quatre points essentiels. Pour rappel, ces principes de communication sont l’antériorité, la neutralité, la régularité et l’identité. Applicables à compter du 1er septembre, ils encadrent sa prise de parole et servent de garde-fou à quelques mois du scrutin. Concrètement, cela signifie que l’élu n’a pas le droit d’adresser ses vœux justement l’année de renouvellement des conseils municipaux s’il n’avait pas l’habitude de le faire auparavant. Le déroulement de l’événement doit être semblable aux habitudes et traditions de la commune. Par exemple, le buffet ne doit pas être plus copieux, ou les moyens mobilisés plus importants que de coutume.
Surtout, l’élu sortant ne peut pas se servir de la cérémonie des vœux pour promouvoir sa candidature ou le bilan de son mandat. Il s’agirait alors d’une utilisation illégale des moyens de la commune au service de sa campagne, ce qui est prohibé par le code électoral. En revanche, s’il veut mettre en avant ses succès, il doit le faire en tant que candidat. Les dépenses liées à cette promotion s’intègrent alors à son compte de campagne. À noter que cette réglementation concerne non seulement le discours de l’édile, mais aussi les cartes de vœux qu’il adresse aux habitants.
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Les vœux du maire, un exercice périlleux à trois mois des municipales
Enfin, il ne s’agit pas de supprimer ce discours, ni de le rendre plat et inutile. Et encore moins d’en faire une tribune politique au bénéfice de la candidature du maire. Ce dernier, en adressant ses meilleurs vœux, doit donc veiller à conserver sa posture d’élu local. Souligner les réussites de l’année passée, grâce à la collaboration des élus et des services techniques, est tout à fait légal. En revanche, montrer de manière élogieuse les réalisations de l’équipe sortante et en faire un argument politique pour la campagne est interdit.
On voit donc que souhaiter une bonne année au personnel municipal et aux citoyens nécessite tact et diplomatie. Il suffit pour s’en convaincre de consulter la jurisprudence. Celle-ci compte de nombreux exemples de maires condamnés pour s’être servis de la cérémonie des vœux à des fins de propagande. Par exemple, celui de Pibrac en 2014. Ainsi, s’il n’est pas interdit d’organiser un tel événement, entraînant souvent un moment festif pour la collectivité. Il faut toutefois ne pas l’utiliser pour promouvoir la candidature de l’équipe sortante. Ce procédé risquerait d’influencer les électeurs.